C'est quoi, la nostalgie? Ce que les Américains appellent homesickness -- la maladie de la maison?
C'est l'envie d'écouter un épisode de Trauma, mais on ne peut pas prendre TouTV aux États-Unis, c'est protégé à l'intérieur des frontières, question de droits d'auteur, sans doute.
Alors, j'écoute Ariane Moffatt qui chante les mélodies thèmes de la série. Comme celle-ci :
Everybody Hurts 4:26 Ariane Moffatt Trauma (Chansons de la série TV) Bandes sonores 18
ou encore
Bridge Over Troubled Water 4:29 Ariane Moffatt Trauma (Chansons de la série TV) Bandes sonores 13.
Désolée, je n'arrive pas à vous donner le lien à ma version mais vous pouvez les trouver sur iTunes.
La voix d'Ariane Moffat ce soir, au bord du bayou, quelque part en Floride ... c'est le son de la nostalgie!
Journal quotidien ou presque destiné à partager avec nos familles et nos ami-e-s les souvenirs de nos voyages en Europe à l'automne 2010 et aux États-Unis à l'hiver 2011 et d'en garder des traces par la suite.
Désormais, c'est dans la mer que s'inscrivent les traces de nos pas et c'est dans le sillage du Westerdam, au petit matin, que se dessine l'esquisse de l'avenir ...
lundi 21 mars 2011
dimanche 20 mars 2011
Salut, le printemps!
L'hiver a fait son temps; disons-lui au revoir! (Et espérons qu'il comprendra le message ...!)
Aujourd'hui, arrive le printemps (à 19 heures 21 précises) -- alors, SALUT, le printemps!
Ici, l'arrivée du printemps ressemble plutôt à l'éclosion de notre été. Depuis quelques jours, une vague de chaleur nous amène des températures très élevées le jour -- à compter de midi, il fait autour 80 - 90 degrés sous le soleil. On cherche l'ombre et l'air climatisé! Dans les rues, sur les routes, c'est un peu l'enfer à cause de l'asphalte qui fait rebondir la chaleur ...
Dans les magasins, ils ont sorti l'équipement d'été : jouets, chaises, parasols de plage, tapis de bain et tout le tra-la-la. Les arbres sont en fleurs, les parterres reverdissent. Fiesta!
Du coup, ça donne envie de revenir à la maison! Les snowbirds (les Américains autant que les Canadiens) s'affairent à ranger leurs choses et préparent leur départ en vue de la longue migration vers le nord. Plusieurs de nos voisins partent dans quelques jours, à la fin du mois ou au début d'avil.
Nous aussi, on commence à penser à la route du retour. L'itinéraire, les étapes, quelques visites, peut-être. Mais avant de partir, il nous reste encore plusieurs choses à faire, dont une visite à Sarasota, remise plusieurs fois à cause de la chaleur. Ça s'en vient ...
Bonne nouvelle : on prévoit une vague de "refroidissement" pour le milieu de la semaine! J'avoue que je préfère de loin les 70 - 75 degrés (20 - 25 Celsius) au soleil de plomb des derniers jours. Même Zappa est amorphe, écrasée sur le sol.
Hier soir, les gens veillaient dehors, sous la pleine lune. Le fond de l'air était si doux, c'était bon. L'équinoxe du printemps coïncide avec la pleine lune, cette année. Les Américains appellent ça a golden moon!
Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, c'est aujourd'hui l'anniversaire de Claire, l'une des plus fidèles compagnes de ce blogue. Joyeux anniversaire, chère Claire! xoxo
Aujourd'hui, arrive le printemps (à 19 heures 21 précises) -- alors, SALUT, le printemps!
Ici, l'arrivée du printemps ressemble plutôt à l'éclosion de notre été. Depuis quelques jours, une vague de chaleur nous amène des températures très élevées le jour -- à compter de midi, il fait autour 80 - 90 degrés sous le soleil. On cherche l'ombre et l'air climatisé! Dans les rues, sur les routes, c'est un peu l'enfer à cause de l'asphalte qui fait rebondir la chaleur ...
Dans les magasins, ils ont sorti l'équipement d'été : jouets, chaises, parasols de plage, tapis de bain et tout le tra-la-la. Les arbres sont en fleurs, les parterres reverdissent. Fiesta!
Du coup, ça donne envie de revenir à la maison! Les snowbirds (les Américains autant que les Canadiens) s'affairent à ranger leurs choses et préparent leur départ en vue de la longue migration vers le nord. Plusieurs de nos voisins partent dans quelques jours, à la fin du mois ou au début d'avil.
Nous aussi, on commence à penser à la route du retour. L'itinéraire, les étapes, quelques visites, peut-être. Mais avant de partir, il nous reste encore plusieurs choses à faire, dont une visite à Sarasota, remise plusieurs fois à cause de la chaleur. Ça s'en vient ...
Bonne nouvelle : on prévoit une vague de "refroidissement" pour le milieu de la semaine! J'avoue que je préfère de loin les 70 - 75 degrés (20 - 25 Celsius) au soleil de plomb des derniers jours. Même Zappa est amorphe, écrasée sur le sol.
Hier soir, les gens veillaient dehors, sous la pleine lune. Le fond de l'air était si doux, c'était bon. L'équinoxe du printemps coïncide avec la pleine lune, cette année. Les Américains appellent ça a golden moon!
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| la pleine lune du printemps dans les arbres! |
Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, c'est aujourd'hui l'anniversaire de Claire, l'une des plus fidèles compagnes de ce blogue. Joyeux anniversaire, chère Claire! xoxo
jeudi 17 mars 2011
Tuyaux, fuites et petits tracas
Petit problème de plomberie : tiens, une flaque d'eau sur le plancher!
Enquête sous la douche (espace minuscule, s'il en fut) : ça perle goutte à goutte!
Poursuite de l'investigation derrière les robinets de douche et dans le mur où monte le tuyau (qui dégoutte).
Constats : robinets OK, tuyaux OK. C'est donc que la fuite vient du haut! Ça y est : on a remonté la filière! L'eau s'infiltre par l'évent sur le toit de la Minnie, descend le long du tuyau et coule jusque sur plancher et le tapis.
Bravo Pauline -- qui ne se plaint pas trop de ses courbatures!
Reste plus qu'à aller chercher du mastic (caulking) pour boucher le petit trou ... on ira en revenant de la plage!
Qu'est-ce qu'on en apprend des choses en voyage, quand même!
(Désolée, les photos ne sont pas très bonnes ...!!!)
P.S. Cette page aurait pu s'intituler :
Réacteurs, fuites et graves soucis
Dites, comment on fait pour rester calme, profiter du soleil et continuer de lire son roman quand survient un tel drame, comme celui du Japon, et que pèse une telle menace nucléaire sur la planète entière?
Enquête sous la douche (espace minuscule, s'il en fut) : ça perle goutte à goutte!
Poursuite de l'investigation derrière les robinets de douche et dans le mur où monte le tuyau (qui dégoutte).
Constats : robinets OK, tuyaux OK. C'est donc que la fuite vient du haut! Ça y est : on a remonté la filière! L'eau s'infiltre par l'évent sur le toit de la Minnie, descend le long du tuyau et coule jusque sur plancher et le tapis.
Bravo Pauline -- qui ne se plaint pas trop de ses courbatures!
Reste plus qu'à aller chercher du mastic (caulking) pour boucher le petit trou ... on ira en revenant de la plage!
Qu'est-ce qu'on en apprend des choses en voyage, quand même!
(Désolée, les photos ne sont pas très bonnes ...!!!)
P.S. Cette page aurait pu s'intituler :
Réacteurs, fuites et graves soucis
Dites, comment on fait pour rester calme, profiter du soleil et continuer de lire son roman quand survient un tel drame, comme celui du Japon, et que pèse une telle menace nucléaire sur la planète entière?
mardi 15 mars 2011
Le musée Dali
Quel musée! Pourtant, on en a vu, des musées, au fil du temps!
Mais celui-ci a quelque chose de rafraîchissant. Bien sûr, Dali, ça délie un peu les neurones et ça secoue les synapses! Mais quelle architecture! Un immeuble éblouissant, tant par sa conception que le site où il se trouve, le paysage, la perspective. C’est l’architecte Yann Weymouth qui a dessiné ce lieu spectaculaire dont l’allure avant-gardiste rend justement hommage au talent futuriste et à l’originalité de Dali.
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| La spirale au coeur du musée |
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| une partie de la verrière |
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| le café Gala |
Le site - St. Petersburg est située sur une péninsule, rattachée au nord à la ville de Tampa et au sud, à Sarasota. Son centre-ville est en fait, un bord de mer qui donne sur la baie de Tampa. Cette particularité géographique est avantageusement exploitée dans l’aménagement urbain. Tout d’abord, une marina somptueuse borde le centre-ville sur une vingtaine de rues – The Pier. Somptueuse à cause de ses aménagements et aussi des bateaux qui s’y trouvent : voiliers, yachts, bateaux à moteur, traversiers, petits pêcheurs – on voit de tout et surtout du très gros, du très beau … du très cher!
Devant la marina, des parcs offrent des arbres, des espaces de verdure, des fleurs, des sculptures, plein d’endroits où flâner et admirer la beauté des lieux, juste en face de l’eau. La rue des boutiques, des terrasses et des galeries, Beach Drive, défile le long de ces parcs, avec au centre, le Musée des Beaux-Arts, placé là comme un joyau. Tout près, se trouve le campus de l’université USF (University of South Florida in St. Petersburg), un immense stade de baseball, à ciel ouvert, et un aéroport. (Et un peu partout, des espaces de stationnement … parce qu’on n’haït pas les autos, dans cette ville!)
| Une partie du parc au centre-ville |
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| Sculpture naturelle : l'arbre plus-que-centenaire devant le Musée des Beaux-Arts |
| Pauline devant une des sculptures sur Beach Drive |
Bien sûr, tout est relié par des rues, des avenues, un sentier piétonnier, une piste cyclable et, ces jours-ci, un circuit de course automobile, le Grand Prix de St. Petersburg, qui aura lieu du 25 au 27 mars. C’est pas des F-1, comme à Montréal mais un grand prix, quand même – le Honda Grand Prix of St. Petersburg. Ils sont en train de placer les clôtures et des montagnes de pneus un peu partout, ce qui dévisage un peu le paysage, mais ça rappelle Monte Carlo!
C’est au milieu de cet endroit idyllique qu’est construit le musée Dali : au bord de l’eau, avec vue d’un côté sur la marina, de l’autre sur l’aéroport et en face, sur la baie de Tampa. Une esplanade sert de trait d’union entre le musée et le théâtre Mahaffey, également de construction récente. Un jardin reproduit un labyrinthe en verdure, qu’on peut parcourir à pied pour explorer les proportions parfaites du « golden rectangle ». Le tout forme un complexe intégré, d’une beauté saisissante, le Progress Energy Center for the Arts.
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| L'entrée du musée Dali |
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| l'esplanade, en face de la marina |
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| jeu de colonnes et d'allées sur l'esplanade |
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| même le stationnement est beau! |
Le musée abrite la plus importante collection d’œuvres d’art de Salvador Dali (1904-1989) à se trouver hors d’Espagne. Et quelle collection! Des œuvres de toutes les périodes, des débuts classiques aux toiles géantes de la dernière période, empreinte de mysticisme, en passant bien sûr par plusieurs créations de l’époque surréaliste. Une centaine d’huiles, natures mortes, natures mortes vivantes, des dessins, des sculptures peintes, des montages, des masques. Plus de 2000 œuvres originales ! On découvre aussi une collection de photos de Dali, des films auxquels il a collaboré, des artefacts, des objets ayant appartenu au peintre. Des trésors, en somme. Une boutique pour des souvenirs et un café bistrot, le Gala. Bien entendu, il est interdit de photographier les œuvres, mais pas de rapporter des souvenirs!
Cette collection a été rassemblée pendant environ quarante ans par un couple, les Reynolds-Morse, qui étaient des amis de Salvador Dali et de Gala Éluard, sa compagne et muse de sa vie. Quand en 1962, le couple a offert sa collection, qui n’arrivait plus à loger dans leurs (immenses) résidences, la ville de St. Petersburg a proposé de l’accueillir et de construire un musée pour la mettre en valeur. Ce qui fut dit fut fait. Le nouveau musée vient d’être inauguré, le 11 janvier dernier (11-01-11).
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| Entre le pier et l'aéroport, une vue sur la baie de Tampa |
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| un sourire ... pour la postérité! |
dimanche 13 mars 2011
Un air de printemps!
Cette journée est la plus courte de l’année : il lui manque une heure! Ajusté horloges, montres, réveil --l'ordi et le iPhone font ça tout seuls!
Ce matin, une lumière orange baignait la chambre au réveil. Quel joli clin d’œil! Nous avons passé la journée d’hier à déménager de site. Quitté la section A, celle des « voyageurs », où nous étions depuis notre arrivée il y a 3 semaines, pour la section B, celle des résidents saisonniers, où l’on nous a déniché le plus beau site, sous les arbres, avec de l’ombre toute la journée et le soleil de fin d’après-midi. Sur les photos, on ne voit pas bien la différence, mais ici, c’est beaucoup plus calme, paisible et tranquille, ce que nous souhaitions. Il y a même un oranger, juste devant la Minnie, et tout autour, ça sent tellement bon!
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| Le nouveau site, sous les arbres ... |
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| ... beaucoup plus tranquille que le premier, ci-dessus. |
À côté de nous, vit un couple de l’Ohio, qui habite ici cinq mois par an. Ils cultivent des fines herbes en pots à leur porte. En face, un couple de personnes assez âgées; le monsieur joue de la musique et se promène avec ses instruments (un banjo et un violon, je crois) et sa table de sonorisation. Chaque soir, il place une couverture sur sa fourgonnette ... Juste à côté d’eux, un jeune couple de hippies, qui nous fait penser à du monde qu’on a connu dans notre jeune temps!
Dimanche paisible : marche et piscine au saut du lit, petit déjeuner sous la tonnelle, sculpture et lecture, et … (qui me croira?) travail pour Armande. Eh oui! J’y arrive! Quelques heures par jour, sur l’ordi, je pioche et pianote et je réussis à faire un peu d’ouvrage. Mais c’est dur, ça fait mal et ça demande une longue préparation …
| Mise en forme en vue d'un dur labeur ... |
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| Pauline aussi trouve la vie dure par moments! |
Ces jours-ci, il y a dans l’air comme une odeur de printemps! J’ai vu un lilas en fleurs, le long de la piste, plein de bourgeons dans les arbres, de nouvelles pousses un peu partout et on sent, en général, une sorte de regain de la nature. Curieux phénomène, le printemps, dans une région où la végétation reste verte toute l’année. Mais il y a quand même un cycle, différent de chez nous, avec des périodes de dormance et un réveil. L’effet du soleil, de la lune et de la rotation de la terre, sans doute. C’est beaucoup moins spectaculaire que les premiers crocus ou les perce-neige au Québec, mais quand même, c’est réconfortant! Qui a parlé de la fièvre du printemps?
| le bayou, un matin de printemps |
| le pélican médite |
| ... et s'envole! |
Cette semaine, vous n’êtes pas ensevelis sous des tonnes de neige, alors on peut vous souhaiter, sans ironie, un joli printemps … il s’en vient, c’est certain!
Nous aussi, on s’en vient bientôt, d’ailleurs. Bientôt!
vendredi 11 mars 2011
Journal de bord
(désolée, c’est juste du texte aujourd'hui, les photos, ce sera pour demain!)
C’est mon premier hiver passé dans le Sud. Depuis six semaines, je vis au rythme des snowbirds, en essayant quand même de lire, d’écrire et de faire un peu de travail pour ne pas virer légume. En six semaines, je dois dire que la plupart de mes préjugés ont fondu au soleil. Je comprends mieux ces gens venus du nord qui recherchent ici un petit coin de soleil où réchauffer leurs vieux os. À les regarder vivre, on comprend que les journées passent très vite, que chacun a ses hobbies et ses petites activités et que, finalement, on se recrée tous ailleurs un petit univers qui ressemble à chez nous.
On se fait vite de nouvelles habitudes. L’humain est un être grégaire – on aime bien planter ses repères et répéter les mêmes gestes. On s’habitue assez vite à la nouveauté qu’on transforme aussi vite en territoire connu : le même pain, le même lait, la même épicerie, le même parcours sur le sentier, les mêmes voisins, le même horaire … Les humains me font penser aux animaux : les souris reviennent sur leurs traces, les hamsters tournent leur roue dans le même sens, les chèvres dorment toujours chacune dans son même rond de paille, les chats ont chacun leur coussin, toujours le même, les chiens mangent dans leur propre écuelle. On fait pareil.
Parfois, j’ai l’impression que notre vie en Minnie doit ressembler à certains égards à l’expérience des cosmonautes à bord d’un vaisseau spatial! Depuis six semaines, nous partageons un espace assez restreint et notre vie quotidienne se déroule, pour l’essentiel, à l’intérieur de quelques mètres carrés. Heureusement, nous dormons dans le même lit, ça fait ça de gagné – il serait difficile d’avoir deux espaces à dodo pendant aussi longtemps ici dedans!
Pauline a déjà voyagé quelques semaines à bord de sa Westphalia, il y a une vingtaine d’années et, de mon côté, j’ai cumulé au fil des ans plusieurs expériences de voyage dans toutes sortes de conditions fort variées. Mais c’est la première fois pour l’une et l’autre que nous passons une aussi longue période en « camping » motorisé, à deux. Et il y a des surprises, pour l’une et l’autre, dans cette expérience!
Bien sûr, c’est tout confort! Chauffage s’il fait froid, climatisation s’il fait chaud, eau courante chaude et froide, frigo, cuisinière, micro-ondes, douche, toilette, télé, ordis, name it, on l’a! Nous voyageons avec une garde-robe complète, été/hiver, pour l’une et l’autre, nos bibliothèques respectives, mes documents et outils de travail, les outils de Po – l’artiste et la mécanicienne – et tous les objets nécessaires à la vie quotidienne normale (cafetière, casseroles, vaisselle, draps, nappes, etc.).
Mais il reste que cette vie, toute confortable et toute normale qu’elle soit, se déroule dans un espace somme toute assez restreint. On doit penser à chacun de ses gestes, éviter de se piler sur les pieds (au propre comme au figuré), planifier la plupart des opérations, notamment la cuisine. Fabriquer un repas complet ici relève de la gymnastique avancée! Heureusement, nous vivons en partie dehors – et la cuisson au bbq aide énormément pour la confection des repas! La Minnie se prolonge, sous l’auvent et l’écran pare-soleil, en un espace de vie très polyvalent : repas, lecture, jasette, sieste, détente, apéro, bref, on fait autant de choses dehors qu’à l’intérieur.
Conséquence de l’exiguïté des lieux : on consacre un temps important aux tâches quotidiennes, domestiques et ménagères, beaucoup plus que dans la vie normale. Nous mangeons pratiquement tous les repas ici – pour des raisons de santé et d’économie. Mais vu l’espace de rangement fort restreint, on doit faire des visites assez fréquentes à l’épicerie, pour s’approvisionner presqu’au jour le jour : trois oranges à la fois, une livre de crevettes pour ce soir, un pain frais. Si on rapporte, disons, deux boîtes de dessert du même coup, on a un problème de rangement dans l’armoire! On doit aussi faire du ménage un peu plus souvent – plus c’est petit, plus ça se salit vite! Même chose pour les autres corvées, comme la lessive, qui revient plus souvent que chez nous, vu qu’on a quand même moins de tout!
Un changement dans la météo et voilà notre routine bouleversée! La « tempête » d’hier a déversé de bonnes quantités d’eau, secoué les arbres, soulevé toutes les feuilles mortes sur le terrain. Au matin, on a émergé sous une couche épaisse de débris (légers, quand même) et les premières heures ont été consacrées au ménage. Pauline a dû monter sur le toit de la Minnie pour balayer les feuilles et les branches, j’ai lavé au boyau toutes les surfaces où se collaient des feuilles mortes, les côtés, l’avant, l’arrière de la Minnie, la Jeep, le vélo, les tables, les chaises, les tapis, alouette! Et puis, on a réinstallé l’auvent, l’écran pare-soleil, les chaises et la table; le soleil est revenu et tout s’est mis à sécher! À côté de nous, les voisins faisaient exactement la même chose!
Bref, il est aussi difficile de décrire que d’imaginer (avant de le vivre) de quoi est faite cette vie quotidienne dans le sud. Comme dans les îles, la vie coule, doucement et sans qu’on s’en rende compte. Comme chez nous, il y a un millier de petites choses qui deviennent vite le tissu du quotidien et auxquelles on s’attache comme si on les connaissait depuis toujours.
Mais contrairement à la vie nordique, on a beaucoup plus de temps pour flâner, lire, méditer, se reposer en somme. C’est ça qui est difficile à décrire, je crois. On ne parle pas de lézarder, étendue sur une plage et enduite d’huile (protectrice), non! On parle d’un rythme plus lent, moins frénétique, moins stressant que la vie normale, de l’absence d’obligations et d’un minimum de contraintes. Par exemple, je n’aurais jamais pu imaginer, avant de vivre ici, à quoi ressemble une communauté, disons, de plus ou moins 1000 personnes, de tous les âges et de provenances diverses (il y a des enfants, des bébés, des ados, des jeunes, des vieux, des chiens, des chats, etc.), qui vivent côte à côte (selon des codes tacites destinés à assurer un minimum de vie privée et d’intimité quand même), qui sombrent tous ensemble dans un silence léthargique au plus tard à 22 heures chaque soir, qui s’éveillent et s’activent tout doucement chaque matin – et jamais avant 8 heures! Étonnant!
Même Zappa a changé ses habitudes pour s’adapter à cette vie de fausse nomade. Sa journée commence par une longue marche dans la nature avec Armande et se termine le soir, par une autre longue marche avec Pauline. Entre les deux, elle mène sa petite vie de chien tranquille en dormant au soleil ou en cherchant l’ombre, c’est selon. C’est un chien merveilleux pour cette équipée – elle est très calme, sociable, ne jappe jamais et se contente de très peu. Courir dans nos champs et jouer à la balle lui manquent très certainement mais elle accepte son sort de captive de bon gré. Le matin, il m’arrive, quand il n’y a personne autour, de la détacher de sa laisse et de la laisser courir librement le long de la piste, dans les feuillages, sous les arbres. Elle revient vite à moi, un peu craintive dans cet environnement peu familier. Ici, les gens saluent beaucoup les chiens et leur parlent – elle reçoit toujours des compliments « Oh, what a nice puppy! » « Look here! This is a beautiful chocolate lab! » Apparemment, les labradors bruns sont très valorisés par ici! Il lui arrive de rougir d’orgueil, la Zappa!
Ce qui nous manque ici, c’est la présence de ceux et celles qu’on aime et la proximité des lieux familiers, connus, aimés. Les câlins des enfants, les bisous, les gestes d’affection et d’amitié, tout ce qu’on ne remarque pas tant qu’on l’a! C’est parler français toute la journée, au magasin, à l’épicerie, au poste d’essence. C’est le téléphone qui sonne et la voix d’un-e ami-e au bout du fil. Une lettre, un message sur le répondeur. C’est le journal de chez nous, les petites nouvelles du canton ou du quartier, les potins sans importance. Si on s’ennuie? Eh oui, c’est de ça qu’on s’ennuie, même s’il fait beau soleil et qu’on mène la belle vie!
Heureusement, y’a Facebook, où quelques fidèles prennent la peine de donner signe de vie, Skype de temps en temps, les courriels (mais plus le temps passe, plus ils se font rares!), les nouvelles de chez nous qu’on attrape grâce à l’Internet.
Mais là, pour les nouvelles et l’information, ce sera un autre page de ce journal! Parce que là-dessus, j’en ai un peu long à dire!
Sur ce, bonne journée! On vous aime, on pense à vous … et oui, on s’ennuie! Plus que trois semaines …
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